Séance – Écriture essayée

L’écriture essayée fait de moins en moins débat et c’est tant mieux. Le principal reproche restant, c’est qu’il y a un risque de donner à voir des erreurs orthographiques risquant d’être perçues comme un modèle.
Même si je pense, bien sûr, qu’il faut tenir compte de ce risque, je crois vraiment aux vertus de l’écriture essayée : pour apprendre à lire, rien de mieux que d’écrire !

Je l’utilise dans le cadre de séances qui s’inspirent largement de l’Atelier de Réflexion Orthographique (ARO pour les intimes).
Le principe est le suivant : On découvre un livre à structure répétitive (une liste des titres que j’utilise, classés par type de structure et par niveau de classe est disponible) puis, une fois la structure mise à jour, les élèves produisent des phrases à l’oral sur le même modèle. Ces phrases sont enregistrées sur un dictaphone.
En début de séance d’écriture essayée, une phrase est choisie puis écrite par l’ensemble des élèves. C’est le fait d’écrire la même chose qui permet le fonctionnement de la suite de la séance.

Voilà ma préparation type :

Écriture essayée – ABCaider.fr

Les +

→ Essayer, c’est porteur de sens. Essayer, c’est d’abord être actif, chercher comment résoudre un problème, comment atteindre un objectif. Essayer, ça veut aussi dire qu’on s’intéresse au moins autant à la démarche qu’au résultat. Pour certains élèves paralysés par les exigences de l’écrit cela permet un passage à l’écrit plus décontracté. En résumé : on a le droit de se tromper mais on vise un objectif, trouver la bonne façon d’écrire en mobilisant ce que l’on sait.
→ Une structure répétitive rassurante, motivante et performante. L’utilisation de livres à structure répétitive permet de libérer les élèves en difficulté pour produire. Comme ils ont un modèle de phrase, c’est plus facile d’avoir des idées. En plus, à force, la structure est mémorisée et cela enrichit le stock lexical des enfants. Mieux, elle devient parfois une référence dans la classe.
→ Une mise en commun riche et utile. La « comparaison » des productions est, si elle est bien menée, très riche d’un point de vue pédagogique. D’abord les élèves prennent du recul sur ce qu’ils écrivent. On ne dit pas c’est juste/c’est faux mais on parle de ses procédures, de ses stratégies. Quand le « comment » remplace le « pourquoi » dans les questions aux élèves, c’est toujours super intéressant (vive la métacognition dans la classe) voire éclairant. Un élève qui avait écrit « une familles » s’est ensuite expliqué : « J’ai hésité entre un s ou pas de s à la fin et je me suis dit que une famille c’est plusieurs personnes alors j’ai mis un s« .
Les éléments mis à jour lors de la mise en commun trouvent ensuite leur place sur les affichages de la classe (nouveaux sons, règles de grammaire, réservoir lexical, stratégies d’encodage…).

Les –

Le risque que certains mémorisent les orthographes essayées des camarades. Il faut vraiment faire attention à cela. Donner un statut aux écrits est primordial.
« Là, on écrit au tableau ce que vous avez écrit sur vos feuilles. Il y a des erreurs, on va les trouver, les corriger. »
Et surtout, faire un retour à la norme, une correction claire et bien formalisée. C’est la correction que l’on recopie et qui sera un écrit de référence.
Le risque d’épuiser la structure répétitive : elle doit être utilisée suffisamment pour être retenue par les élèves mais pas trop non plus, à vous de voir !

2017-10-27T09:50:43+00:00

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