5 idées pour bien travailler avec un.e AVS / AESH

Idée 1 : ne pas considérer que l’aide humaine est LA solution

L’attribution d’une aide humaine par la MDPH (en compensation à une situation de handicap) est souvent vécue comme un aboutissement : dossier compliqué et long à constituer + travail auprès de la famille parfois délicat + situation de l’élève difficile à vivre au quotidien dans la classe (pour lui d’abord mais aussi parfois pour les camarades/parents/enseignants) = SOULAGEMENT lorsque la décision est connue !

Alors oui, il faut prendre le temps de se réjouir de l’avancée du dossier mais il ne faut pas non plus faire fausse route. L’arrivée d’une aide humaine à l’école n’est pas LA solution aux difficultés, en fait ce n’est pas un aboutissement du tout, c’est un commencement. Le commencement d’une collaboration qu’il faut penser, construire, évaluer, réguler avec la personne en charge de l’aide humaine : Auxiliaire de Vie Scolaire (AVS) ou Accompagnant des Élèves en Situation de Handicap (AESH).
L’aide humaine ne sera pas efficace si elle reste isolée mais peut être extrêmement positive pour l’élève si elle est vue comme une composante d’un dispositif d’aide. Une composante qui facilitera la mise en place du dispositif et qui le « boostera ».

Idée 2 : inclure totalement l’AVS/AESH dans l’équipe éducative

Malheureusement, la personne en charge de l’aide humaine (AVS/AESH) est encore trop souvent considérée comme un.e intervenant.e extérieur.e à l’école. Or, pour faire partie du dispositif d’aide, il faut déjà être inclus dans l’équipe éducative. Considérer la personne à sa juste valeur, à savoir comme un.e collègue, un.e professionnel.le, inclus.e dans l’équipe éducative permet vraiment de gagner en qualité. L’AVS/AESH c’est en fait un.e intervenant.e intérieur.e.
OK ! Facile à dire mais pas toujours facile à faire ressentir même si on peut déjà commencer avec des choses simples.

→ Faire connaissance pour découvrir la personne avec qui vous allez partager votre élève et dont vous êtes le/la responsable pédagogique !

  • En savoir plus sur son métier : il existe une petite présentation du travail d’AESH sur le site du ministère. La vidéo a (bien sûr) été tournée dans un monde idéal et au collège mais elle peut être intéressante tout de même !
  • Savoir qui est son employeur (AVS et AESH sont deux statuts bien différents), s’il existe une personne ressource pour sa mission (référent AVS/AESH à l’IA), si l’IA a défini un cadre précis à sa mission (comme par exemple en Moselle).
  • Quelle est sa mission (aide humaine individuelle ou mutualisée), sa formation (60 h minimum désormais pour les AESH), son expérience ?
  • Comment le directeur de l’école (en charge de l’organisation de son travail) a défini sa mission, ses temps de présence, la répartition entre les différents élèves aidés ?

→ Partager les informations sur l’enfant.

Demander ce qu’il/elle sait

  • de l’élève
  • de ses difficultés, de son trouble/handicap
  • des retentissements sur la vie quotidienne et scolaire de l’élève
  • des moyens pour accompagner un élève dans une telle situation

Dire ce qu’on sait

  • de l’élève
  • de ses difficultés, de son trouble/handicap
  • des retentissements sur la vie quotidienne et scolaire de l’élève
  • des moyens pour accompagner un élève dans une telle situation

Connaitre le diagnostique est moins important que de connaitre les difficultés. Pas besoin d’avoir tous les détails médicaux pour construire une réponse adaptée aux besoins de l’élève. Il ne faut pas non plus qu’un diagnostique posé se traduise par une baisse d’ambition vis à vis de la progression de l’élève. C’est un équilibre difficile à trouver.
On fera d’ailleurs bien attention de ne pas demander des éléments protégés par le secret médical. Il est également essentiel que les détails sur l’enfant, même s’ils ne relèvent pas du médical soient préservés par le « secret partagé » à l’école (on ne discute pas de son cas en public).

Idée 3 : cadrer les exigences en amont

→ Parler pour combattre les idées reçues (côté AVS/AESH) :

Quand j’aide un élève, il doit faire juste (sinon l’enseignant.e va avoir une mauvaise image de mon travail).
L’aide de l’AVS/AESH vise bien sûr la réussite de l’élève, mais cette réussite ne peut s’inscrire que dans une progression. Pour progresser l’élève a besoin de se tromper, de montrer ce qu’il sait, d’identifier ses erreurs et ses difficultés. Tout cela est impossible si on fait à sa place.

Je dois faire à sa place ce qu’il ne peut pas faire, je suis là pour qu’il fasse comme les autres.
Compétences travaillées, quantité… le travail à faire doit être adapté et les objectifs expliqués par l’enseignant.e de la classe.

Je dois être toujours actif.ve aux côtés de l’élève que j’accompagne, je ne peux pas être payé.e à rien faire.
C’est un fait, certains élèves ont tendance à perdre en autonomie avec une aide humaine. L’AVS/AESH doit identifier les besoins, adapter son étayage/sa présence (en concertation avec l’enseignant de la classe et les professionnels qui suivent l’élève) et ça, ce n’est pas « rien faire ».


→ Éclaircir ce que vous attendez de l’aide humaine mais aussi de l’élève aidé.
Le travail de la personne en charge de l’aide humaine n’est pas d’intervenir directement avec l’élève pour remédier à ses difficultés mais d’accompagner la scolarisation/progression de l’élève qui elle, est guidée/définie par l’enseignant.e (responsable pédagogique).

→ Définir un cadre d’intervention.
En amont, il peut donc être positif de discuter d’un cadre pour l’accompagnement de l’élève (quand intervenir, que dire) afin d’éviter à tout prix de faire à la place et de favoriser ainsi l’activité/l’autonomie de l’élève (mise au travail, verbalisation des procédures, construction de stratégies…).

Je viens de mettre en forme un petit document qui propose quelques idées (conçu avec des enseignants.es, des personnes en charge de l’aide humaine et une enseignante référente). L’objectif est d’essayer de faire naître, de réveiller ou de renforcer la petite voix intérieure de l’élève (celle qui aide à s’organiser intérieurement, à planifier, à réguler et à contrôler son travail).
Bref, accompagner, faire progresser mais sans jamais faire à la place !

N’hésitez pas à faire un retour après utilisation, chaque avis est précieux.

 

 

Idée 4 : garder du temps pour travailler individuellement avec son élève

Il faut combattre l’idée reçue qu’un enfant qui bénéficie d’une aide humaine est « déjà aidé ». L’intervention de l’AVS/AESH, ne peut pas remplacer l’aide de son enseignant.e. Il/elle n’est pas un.e enseignant.e, il/elle accompagne l’élève dans sa vie de classe, vie de classe orchestrée par le maitre/la maitresse. L’aide humaine ne doit pas priver l’enfant du contact direct avec son enseignant.e qui reste l’aidant.e le/la plus efficace !

En plus, garder cette aide directe permettra de ne pas isoler l’élève dans le groupe classe et de nourrir une réflexion collective autour de ses besoins/progrès. Cela semble essentiel pour assurer une bonne régulation du dispositif d’aide.

Idée 5 : accompagner le travail du binôme élève + AVS/AESH

L’enseignant.e de la classe ne doit donc pas être extérieur.e à la relation AVS/AESH + élève. Certes il/elle accompagne le travail de la personne chargée de l’aide humaine et celui de l’enfant mais il/elle est également concerné.e par le fonctionnement du binôme. Mais comment faire au quotidien dans la classe ?

→ Construire ensemble les objectifs du binôme et les réguler.
Règle d’or : ne surtout pas attendre l’ESS annuelle pour se parler. Facile à dire mais trèèès difficile à faire car le temps est compté, entre les conseils de cycles, les conseils des maitres, les rendez-vous, les évaluations à saisir, les cahiers, les préparations, la vie (hein quoi, c’est quoi ?).
Il faut donc s’organiser pour ne pas couler et optimiser son temps si précieux, avec par exemple :

  • Des temps courts et fréquents : avant chaque séance pour définir les objectifs pour l’élève (ce qu’il doit faire/retenir/réinvestir/entrainer…) et cadrer la mission de la personne en charge de l’aide humaine puis en fin de journée pour faire le bilan et réguler (retour sur le travail et la réussite ou non des objectifs de la journée).
  • Des temps plus longs et plus espacés dans le temps (2 fois par période par exemple) pour prendre du recul et faire le point sur les compétences de l’élève et sa progression.

→ Aider à aider.
Les temps de bilan autour du travail de l’enfant peuvent aussi être l’occasion d’interroger l’accompagnement de la personne en charge de l’aide humaine afin de réguler/modifier ses interventions, en ayant toujours un œil très attentif sur l’activité et l’autonomie de l’élève.

Illustrations empruntées chez Danger école (merci !)

 

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2018-12-06T15:30:49+00:00

2 Comments

  1. Sandrine MULARONI 9 décembre 2018 à 15 h 24 min - Répondre

    Bonjour, la fiche qui se télécharge est « la petite voix » … et pas les 5 idées…

    • ABC aider 10 décembre 2018 à 11 h 47 min - Répondre

      Bonjour, c’est tout à fait normal, le seul document à télécharger est « la petite voix ».
      L’article sur les 5 idées est simplement consultable sur le blog 🙂

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