Adaptation – Aménager les textes et les consignes

Cet article fait partie du dossier « Aider les élèves en difficulté avec le code » dans lequel vous trouverez diverses informations sur les difficultés mais aussi des idées d’outils et d’adaptations pour venir en aide aux élèves.

Pour aider les élèves en difficulté avec le code, dont les élèves dyslexiques, le plus évident semble d’adapter les textes de lecture. Mais si l’on veut véritablement que les difficultés en lecture/écriture ne pénalisent pas trop l’élève, on se rend vite compte qu’il est nécessaire, le plus souvent possible, d’adapter dans tous les domaines textes et consignes.
Les premiers temps sont un peu difficiles car cela représente un somme de travail considérable mais petit à petit, on prend le réflexe et on construit nos nouveaux documents en respectant les règles. En plus, les textes sont réutilisables d’une année sur l’autre ou échangeables avec des collègues. La mutualisation est, comme souvent, un atout.

Adapter la typographie

Adapter la mise en page des textes :
Choisir une police de caractères sans empattement : Arial / Tahoma / Verdana ou encore OpenDyslexic, une police gratuite adaptée aux lecteurs dyslexiques.
→ Augmenter la taille des caractères : 14 pts ou plus.
→ Augmenter l’interlignage : 1,5 ou 2.
→ Augmenter l’espace entre les mots.
→ Ne pas justifier le texte.
Les polices sans empattement fatiguent moins les élèves. Les caractères plus gros, les lignes et les mots plus espacés assurent quant à eux un meilleur confort de lecture et un repérage dans l’espace plus facile qui préservent également le lecteur et lui permettent d’être plus disponible pour comprendre.

Simplifier la mise en page

Éviter les documents trop chargés, les complications au niveau du sens de la lecture ou encore les petites colonnes de texte.
Cela mobilise beaucoup les lecteurs fragiles et particulièrement les enfants dyslexiques qui se fatiguent, du coup, plus rapidement.

Coder le texte en s’inspirant
de la méthode d’imprégnation syllabique.

Le principe est simple :
→ Les mots sont découpés en syllabes grâce à une alternance de rouge et de bleu.
J’ai choisi de segmenter les mots en syllabes orales pour aider à la reformulation des mots. Un mot correctement reformulé sera plus facilement associé à son sens et facilitera ainsi la compréhension globale du texte. Le code peut parfois être légèrement adapté afin de faciliter le plus possible la lecture. Les mots d’une syllabe restent en noir.
→ Les lettres muettes sont indiquées en gris clair, elles ne se prononcent pas.
Lorsqu’une lettre appartient à deux syllabes, je la signale en violet : voyage.
Le « y » ayant la valeur de deux « i », il est associé au « o » pour faire « oi » mais aussi au « a » pour faire « ia ».

L’objectif principal de ce codage est de réduire la charge cognitive due au décodage. Les syllabes sont repérées plus vite, la reformulation s’accélère et la lecture se fluidifie. L’accès au lexique est donc plus aisé. Le lecteur, qui se mobilise moins sur le déchiffrage est donc plus disponible pour la construction du sens.
Si vous avez peu de temps et que vous voulez essayer, un petit logiciel fait cela tout seul : Coupe-Mots. Pour ma part, je préfère vraiment coder les lectures à la main parce que cela me permet d’ajuster le codage au plus proche des besoins/progrès et de le faire évoluer.
Par exemple, au fil de la lecture d’un roman, je ne code plus les mots connus des élèves (mots du roman qui reviennent tout le temps). Comme ça on travaille aussi, en parallèle, la voie lexicale qui est souvent sous-exploitée chez ces enfants.

Voilà ce que ça peut donner…

Imprégnation syllabique

2018-01-06T16:12:18+00:00

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